La république et la guerre d'Espagne
En Espagne, les élections municipales du 12 avril 1931 donnent une large majorité dans les villes aux républicains; le roi Alphonse XIII est alors contraint à l'exil et la République est proclamée le 14 avril. Des élections législatives ont lieu le 28 juin et une Constitution démocratique est adoptée le 9 décembre. Alcala Zamora est élu président de la République. La séparation de l'Église et de l'État est proclamée, la Catalogne obtient un statut d'autonomie. Le droit de vote est accordé aux femmes.
Le 10 août 1932, la tentative de putsch du général José Sanjurjo est écrasée.
En octobre 1934, dans les Asturies, une insurrection armée est écrasée dans le sang par les troupes africaines du général Franco.
Le 10 mai 1936, le président de la République, Alcala Zamora, est remplacé par Manuel Azaña.
Le 13 juillet, le député monarchiste Calvo Sotelo est exécuté par des policiers en réponse au meurtre de l'un des leurs, socialiste, par les fascistes. Les enterrements donneront lieu à des affrontements armés entre la police et des milices fascistes autour du cimetière de Madrid.
Le 17 juillet, un soulèvement est déclenché par des généraux.
Dans l'après-midi du 18 juillet, le premier ministre Martínez Barrio communique avec le général Cabanellas, pour parvenir à un accord, en lui offrant la formation d'un gouvernement, présidé par lui, auquel participeraient plusieurs généraux impliqués dans le soulèvement. Un tel cabinet adoucirait les duretés et s'efforcerait de parvenir à un accord. Cabanellas répond avec un : « Trop tard ! » ...
Dès le 21 juillet, l’Espagne est coupée en deux. Entre les régions gagnées à l’insurrection et celles où le soulèvement avait échoué, on pouvait tracer une ligne de démarcation : partant du milieu de la frontière portugaise, cette ligne montait vers le nord-est, puis à partir de la Sierra de Guadarrama elle descendait vers le sud-est jusqu’à Teruel pour remonter ensuite rejoindre les Pyrénées, à la moitié de leur longueur. Le territoire nationaliste s’étendait au nord et à l’ouest de cette ligne, à l’exclusion d’une bande côtière comprenant les Asturies, Santander et les provinces basques de Biscaye et de Guipùzcoa. Les nationalistes, en plus du Maroc, des Canaries et des Baléares, exception faite de Minorque, occupaient également Séville, Cordoue, Grenade, Oviedo et quelques autres villes, ainsi que l’Alcazar à Tolède.
Le 8 août, la France ferme sa frontière avec l'Espagne.
Les généraux Mola et Franco profitent des infrastructures et du soutien militaire du Portugal de Salazar, qui envoie 15 000 hommes en renfort.
Les nationalistes disposent d'à peu près 300 000 hommes.
En plus de la compagnie américaine TEXACO qui fournit le gaz et le pétrole de manière illimitée à crédit, il y a le soutien matériel de l'Allemagne et de l'Italie.
L'Italie fasciste envoya en Espagne quelque 75 000 soldats (50 000 hommes présents en même temps), ainsi que 650 avions, 150 chars, et quantité de canons, mortiers et munitions.
Les soldats allemands furent 16 000 (10 000 en même temps) dont 5 000 de la redoutable Légion Condor. Autre aide allemande : 600 avions, 200 chars, du matériel d'artillerie (200 canons) et des instructeurs militaires.
Le premier objectif des nationalistes sera d'unifier leurs zones sud et nord, ce qui sera fait en septembre.
En septembre les nationalistes occupent Irun, San Sebastian et Tolède.
Le 1er octobre 1936, Franco se déclare chef de l'État, après la mort accidentelle du général Sanjurjo.
Le 6 octobre, l'URSS affirme au comité de non-intervention que, puisque le Portugal, l'Allemagne et l'Italie ne se plient pas à la non-intervention, elle ne le ferait pas non plus. Le 7 octobre, l'Internationale Communiste forme ainsi les Brigades Internationales, qui seront composées d'à peu près 35 000 hommes d'environ 50 nationalités.
Les premiers chars soviétiques arrivent le 27 octobre à Madrid; les T-26 partent directement au front.
Le 2 novembre, alors que depuis la veille l'aviation franquiste commence à fondre sur Madrid dont la défense extérieure a été brisée, les avions soviétiques interviennent.
Le 6 novembre, craignant la chute de Madrid, le gouvernement s'installe à Valence.
En février 1937 a lieu la bataille de Jarama, où les républicains perdent 15 000 hommes en 20 jours, mais où l'offensive fasciste est bloquée.
Au début du mois, l'aviation nationaliste n'avait pas hésité à bombarder les 100 000 personnes fuyant la ville de Malaga. La ville prise sera l'objet de massacres et de mutilations horrifiant même l'armée italienne; les viols par les nationalistes, comme dans toute la guerre, seront systématiques.
En mars, les nationalistes bénéficient à Guadalajara de 30 000 soldats italiens, disposant de 250 chars, 70 avions ainsi que 180 pièces d'artillerie, mais échouent devant les Brigades Internationales.
Le 31 mars, commence une offensive nationaliste dans le nord avec 50 000 hommes et bombardements du pays basque. Le 26 avril, ce sera le bombardement trois heures durant de Guernica, par la Légion Condor allemande.
En juin, c'est Bilbao qui est prise par les nationalistes en raison d'une série de trahisons permettant aux fascistes de détruire toute la défense puis même d'une rébellion. En conséquence, une contre-offensive est menée à Brunete, non loin de Madrid, en juillet. Y participent 50 000 hommes des Brigades Internationales, avec 100 chars soviétiques et 100 avions soviétiques (soit la moitié des forces aériennes soviétiques).
Le 24 août, visant la reprise de Saragosse, les républicains lancent une offensive sur les villes de Belchite et Quinto, fortement défendues par 7 000 miliciens fascistes.
Mais le 26 le front basque s'écroule, Santander est prise, 60 000 hommes de l'armée républicaine et basque faits prisonniers.
En octobre, ce sont les Asturies qui tombent. La guérilla continuera néanmoins dans le maquis jusque dans les années 1960.
Le 20 octobre Gijon est pris, la population massacrée.
Les nationalistes contrôlent tout le nord du pays. Ils ont perdu 100 000 hommes, les républicains 250 000.
Le 21 octobre, le gouvernement s'installe à Barcelone, dernière région industrielle encore sous contrôle républicain. Le 2 novembre, le gouvernement basque en exil s'y installe également, invité par la Catalogne.
En décembre 1937, l'armée populaire lance une grande offensive et reprend la capitale provinciale à Teruel le 7 janvier 1938. C'est un grand succès pour les républicains, que l'on voyait dans une situation insoutenable, et un véritable désastre pour les nationalistes. Mais ils ont le soutien germano-italien, alors que la frontière française empêche toujours le passage des armements soviétiques. Les nationalistes reprennent Teruel le 22 février, et lancent une grande offensive qui brise la défense républicaine en Aragon et dans une partie de la Catalogne. La population de Teruel qui ne s'est pas enfuie est massacrée par les fascistes.
Les nationalistes atteignent la mer le 15 avril, divisant en deux la république.
Le 3 juin, dans la vallée de Bielsa, les 8 000 hommes de la 43ème division feignent une retraite, puis attendent dans leurs tranchées les 15 000 nationalistes et lancent une offensive lorsque ceux-ci sont à quelques mètres. Obligés par la suite de reculer suite aux bombardements de la Légion Condor jusqu'à la frontière française des Pyrénées, toute proche, seuls 411 soldats acceptent de rester en France, 6 889 soldats décident de retourner dès que possible se battre en Espagne.
De fait, l'armée républicaine a encore 750 000 soldats. Mais elle fait face à l'armée régulière italienne (100 000 hommes), à 60 000 mercenaires marocains et 1 million de soldats de l'armée franquiste, appuyée par l'aviation allemande.
En juin, les nationalistes lancent l'offensive dans le Levant, elle est battue par la contre-offensive de l'Èbre menée par les républicains. L'objectif des fascistes était Valence. 100 000 soldats républicains traversent l'Èbre pour couper les lignes fascistes.
C'est une victoire, mais de courte durée : il n'y a plus de munitions, alors que les troupes nationalistes bénéficient d'un renforcement constant et d'un appui aérien énorme. Bientôt 200 avions fascistes interviendront en même temps.
Les Brigades Internationales quittent l'Espagne le 21 octobre. Il reste 500 000 soldats républicains.
En décembre, a lieu l'offensive nationaliste contre la Catalogne, la ligne de front républicaine s'est effondrée sur l'Èbre.
Barcelone est prise le 26 janvier 1939, 35 000 personnes sont massacrées les premières semaines.
Le 9 février, toute la Catalogne est aux mains des nationalistes. 500 000 personnes fuient vers la frontière française.
Le 10 février, les nationalistes contrôlent toute la frontière avec la France.
Le 28 mars, les franquistes entrent dans Madrid sans rencontrer de résistance.
Des 25 millions d'Espagnols, 2 millions sont en prison. Les fascistes ont exécuté pendant la guerre 200 000 personnes (les républicains 20 000), puis 200 000 de 1939 à 1943.
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