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Une invasion de la Russie depuis la Crimée

9 Août 2025

En mai 1571, une armée de 120 000 hommes (80 000 Tatars, 33 000 irréguliers ottomans et 7000 janissaires), commandée par le khan de Crimée Devlet Ier Giray, ainsi que des hordes de Grands et Petits Nogaï et des troupes de Circassiens contournèrent les fortifications défensives Serpoukhov sur la rivière Oka, traversèrent la rivière Ugra et prirent de flanc l'armée russe forte de six mille hommes. Les sentinelles russes furent écrasées par les Criméens. L'attaque surprise força le gros de l'armée russe à reculer sur Moscou. La population rurale chercha aussi refuge dans la capitale. La horde dévasta les villes et les villages non protégés autour de Moscou.

Le 24 mai, après avoir brûlé le village de Kolomenskoïé, les Criméens mirent le feu à Moscou, quartier après quartier. Les défenseurs et les civils périrent en masse, pour la plupart de suffocation. Les dépôts de poudre explosèrent, les cloches et les clochers s'écroulèrent, tuant ceux qui s'y étaient réfugiés. D'autres sautèrent dans la Moscova, où beaucoup se noyèrent. Parmi les gens réfugiés dans les caves, certains moururent aussi d'asphyxie ou sous la pression des foules. En quelques heures, toute la ville à l'extérieur du Kremlin brûla, et il n'y eut que quelques bâtiments en pierre et des murs fortifiés qui restèrent en bon état. Les envahisseurs échouèrent à s'emparer du Kremlin, qui échappa à l'incendie.

Jusqu'à 80 000 Russes furent tués dans cette invasion et par l'incendie de Moscou, et 150 000 autres furent pris comme esclaves.

 

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La république et la guerre d'Espagne

7 Août 2025

En Espagne, les élections municipales du 12 avril 1931 donnent une large majorité dans les villes aux républicains; le roi Alphonse XIII est alors contraint à l'exil et la République est proclamée le 14 avril. Des élections législatives ont lieu le 28 juin et une Constitution démocratique est adoptée le 9 décembre. Alcala Zamora est élu président de la République. La séparation de l'Église et de l'État est proclamée, la Catalogne obtient un statut d'autonomie. Le droit de vote est accordé aux femmes.

Le 10 août 1932, la tentative de putsch du général José Sanjurjo est écrasée.

En octobre 1934, dans les Asturies, une insurrection armée est écrasée dans le sang par les troupes africaines du général Franco.

Le 10 mai 1936, le président de la République, Alcala Zamora, est remplacé par Manuel Azaña.

Le 13 juillet, le député monarchiste Calvo Sotelo est exécuté par des policiers en réponse au meurtre de l'un des leurs, socialiste, par les fascistes. Les enterrements donneront lieu à des affrontements armés entre la police et des milices fascistes autour du cimetière de Madrid.

Le 17 juillet, un soulèvement est déclenché par des généraux.

Dans l'après-midi du 18 juillet, le premier ministre Martínez Barrio communique avec le général Cabanellas, pour parvenir à un accord, en lui offrant la formation d'un gouvernement, présidé par lui, auquel participeraient plusieurs généraux impliqués dans le soulèvement. Un tel cabinet adoucirait les duretés et s'efforcerait de parvenir à un accord. Cabanellas répond avec un : « Trop tard ! » ...

Dès le 21 juillet, l’Espagne est coupée en deux. Entre les régions gagnées à l’insurrection et celles où le soulèvement avait échoué, on pouvait tracer une ligne de démarcation : partant du milieu de la frontière portugaise, cette ligne montait vers le nord-est, puis à partir de la Sierra de Guadarrama elle descendait vers le sud-est jusqu’à Teruel pour remonter ensuite rejoindre les Pyrénées, à la moitié de leur longueur. Le territoire nationaliste s’étendait au nord et à l’ouest de cette ligne, à l’exclusion d’une bande côtière comprenant les Asturies, Santander et les provinces basques de Biscaye et de Guipùzcoa. Les nationalistes, en plus du Maroc, des Canaries et des Baléares, exception faite de Minorque, occupaient également Séville, Cordoue, Grenade, Oviedo et quelques autres villes, ainsi que l’Alcazar à Tolède.

Le 8 août, la France ferme sa frontière avec l'Espagne.

Les généraux Mola et Franco profitent des infrastructures et du soutien militaire du Portugal de Salazar, qui envoie 15 000 hommes en renfort.

Les nationalistes disposent d'à peu près 300 000 hommes.

En plus de la compagnie américaine TEXACO qui fournit le gaz et le pétrole de manière illimitée à crédit, il y a le soutien matériel de l'Allemagne et de l'Italie.

L'Italie fasciste envoya en Espagne quelque 75 000 soldats (50 000 hommes présents en même temps), ainsi que 650 avions, 150 chars, et quantité de canons, mortiers et munitions.

Les soldats allemands furent 16 000 (10 000 en même temps) dont 5 000 de la redoutable Légion Condor. Autre aide allemande : 600 avions, 200 chars, du matériel d'artillerie (200 canons) et des instructeurs militaires.

Le premier objectif des nationalistes sera d'unifier leurs zones sud et nord, ce qui sera fait en septembre.

En septembre les nationalistes occupent Irun, San Sebastian et Tolède.

Le 1er octobre 1936, Franco se déclare chef de l'État, après la mort accidentelle du général Sanjurjo.

Le 6 octobre, l'URSS affirme au comité de non-intervention que, puisque le Portugal, l'Allemagne et l'Italie ne se plient pas à la non-intervention, elle ne le ferait pas non plus. Le 7 octobre, l'Internationale Communiste forme ainsi les Brigades Internationales, qui seront composées d'à peu près 35 000 hommes d'environ 50 nationalités.

Les premiers chars soviétiques arrivent le 27 octobre à Madrid; les T-26 partent directement au front.

Le 2 novembre, alors que depuis la veille l'aviation franquiste commence à fondre sur Madrid dont la défense extérieure a été brisée, les avions soviétiques interviennent.

Le 6 novembre, craignant la chute de Madrid, le gouvernement s'installe à Valence.

En février 1937 a lieu la bataille de Jarama, où les républicains perdent 15 000 hommes en 20 jours, mais où l'offensive fasciste est bloquée.

Au début du mois, l'aviation nationaliste n'avait pas hésité à bombarder les 100 000 personnes fuyant la ville de Malaga. La ville prise sera l'objet de massacres et de mutilations horrifiant même l'armée italienne; les viols par les nationalistes, comme dans toute la guerre, seront systématiques.

En mars, les nationalistes bénéficient à Guadalajara de 30 000 soldats italiens, disposant de 250 chars, 70 avions ainsi que 180 pièces d'artillerie, mais échouent devant les Brigades Internationales.

Le 31 mars, commence une offensive nationaliste dans le nord avec 50 000 hommes et bombardements du pays basque. Le 26 avril, ce sera le bombardement trois heures durant de Guernica, par la Légion Condor allemande.

En juin, c'est Bilbao qui est prise par les nationalistes en raison d'une série de trahisons permettant aux fascistes de détruire toute la défense puis même d'une rébellion. En conséquence, une contre-offensive est menée à Brunete, non loin de Madrid, en juillet. Y participent 50 000 hommes des Brigades Internationales, avec 100 chars soviétiques et 100 avions soviétiques (soit la moitié des forces aériennes soviétiques).

Le 24 août, visant la reprise de Saragosse, les républicains lancent une offensive sur les villes de Belchite et Quinto, fortement défendues par 7 000 miliciens fascistes.

Mais le 26 le front basque s'écroule, Santander est prise, 60 000 hommes de l'armée républicaine et basque faits prisonniers.

En octobre, ce sont les Asturies qui tombent. La guérilla continuera néanmoins dans le maquis jusque dans les années 1960.

Le 20 octobre Gijon est pris, la population massacrée.

Les nationalistes contrôlent tout le nord du pays. Ils ont perdu 100 000 hommes, les républicains 250 000.

Le 21 octobre, le gouvernement s'installe à Barcelone, dernière région industrielle encore sous contrôle républicain. Le 2 novembre, le gouvernement basque en exil s'y installe également, invité par la Catalogne.

En décembre 1937, l'armée populaire lance une grande offensive et reprend la capitale provinciale à Teruel le 7 janvier 1938. C'est un grand succès pour les républicains, que l'on voyait dans une situation insoutenable, et un véritable désastre pour les nationalistes. Mais ils ont le soutien germano-italien, alors que la frontière française empêche toujours le passage des armements soviétiques. Les nationalistes reprennent Teruel le 22 février, et lancent une grande offensive qui brise la défense républicaine en Aragon et dans une partie de la Catalogne. La population de Teruel qui ne s'est pas enfuie est massacrée par les fascistes.

Les nationalistes atteignent la mer le 15 avril, divisant en deux la république.

Le 3 juin, dans la vallée de Bielsa, les 8 000 hommes de la 43ème division feignent une retraite, puis attendent dans leurs tranchées les 15 000 nationalistes et lancent une offensive lorsque ceux-ci sont à quelques mètres. Obligés par la suite de reculer suite aux bombardements de la Légion Condor jusqu'à la frontière française des Pyrénées, toute proche, seuls 411 soldats acceptent de rester en France, 6 889 soldats décident de retourner dès que possible se battre en Espagne.

De fait, l'armée républicaine a encore 750 000 soldats. Mais elle fait face à l'armée régulière italienne (100 000 hommes), à 60 000 mercenaires marocains et 1 million de soldats de l'armée franquiste, appuyée par l'aviation allemande.

En juin, les nationalistes lancent l'offensive dans le Levant, elle est battue par la contre-offensive de l'Èbre menée par les républicains. L'objectif des fascistes était Valence. 100 000 soldats républicains traversent l'Èbre pour couper les lignes fascistes.

C'est une victoire, mais de courte durée : il n'y a plus de munitions, alors que les troupes nationalistes bénéficient d'un renforcement constant et d'un appui aérien énorme. Bientôt 200 avions fascistes interviendront en même temps.

Les Brigades Internationales quittent l'Espagne le 21 octobre. Il reste 500 000 soldats républicains.

En décembre, a lieu l'offensive nationaliste contre la Catalogne, la ligne de front républicaine s'est effondrée sur l'Èbre.

Barcelone est prise le 26 janvier 1939, 35 000 personnes sont massacrées les premières semaines.

Le 9 février, toute la Catalogne est aux mains des nationalistes. 500 000 personnes fuient vers la frontière française.

Le 10 février, les nationalistes contrôlent toute la frontière avec la France.

Le 28 mars, les franquistes entrent dans Madrid sans rencontrer de résistance.

Des 25 millions d'Espagnols, 2 millions sont en prison. Les fascistes ont exécuté pendant la guerre 200 000 personnes (les républicains 20 000), puis 200 000 de 1939 à 1943.

 

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La guerre de Kippour sur le front égyptien

6 Août 2025

L'armée de l'air égyptienne lança l'opération BADR à 14h05 le 6 octobre 1973 avec une frappe aérienne coordonnée massive avec 150 à 250 avions. Ces frappes aériennes visèrent les aérodromes de Bir Gifgafa, Bir el Thamada, Ras Nasrani, Ophira, El Arish, Akaba et Ras Sedr. En outre, le poste de commandement avancé de Tasa et le poste de commandement de Bir Gifgafa furent frappés ainsi que 8 à 10 positions de batterie et de commandement HAWK ainsi que des sites radar défendant ces cibles. En outre, deux positions d'artillerie à longue portée à Budapest et à 10 kilomètres à l'est de Port Tewfik, trois zones administratives et la zone à l'est de Port-Fouad, près de Romani, subirent une attaque aérienne. Des missiles sol-sol égyptiens FROG furent tirés sur les postes de commandement et les aérodromes de Tasa et Bir Gifgafa. D'autres attaques de missiles FROG et des attaques aériennes furent dirigées contre des stations de surveillance et de brouillage électroniques situées à Om Khushaib et Om Morgan. Des attaques aériennes séparées furent lancées contre Sharm el-Sheikh, El Sir et El Tur. Parallèlement à ces attaques aériennes et à la roquette, un grand nombre de rangers égyptiens furent transportés par des hélicoptères MI-8 vers 18 h vers des endroits situés au cœur du Sinaï, tentant de perturber les communications et les efforts de renforcement israéliens. Des incursions furent effectuées à Bir Gifgafa, à l'est des cols de Mitla et de Giddi, dans la vallée de Sudar (dans la partie sud du Sinaï), près de Baluza, et à la colline de Subha (dans le secteur central). L'armée de l'air égyptienne poursuivit ses attaques aériennes limitées et ses raids supplémentaires en hélicoptère le 7 octobre. À midi, les Égyptiens affirmèrent avoir attaqué des cibles dans le Sinaï et il y eut une autre attaque près de Bir Gifgafa dans la soirée. À 14 h, un grand nombre de frappes aériennes furent dirigées contre la fortification de Budapest, avec du napalm, et contre diverses cibles près de Baluza avec 40 avions SU-7, MIG-17 et MIG-21. De plus, au cours de cette journée, six hélicoptères venus de Port-Fouad déposèrent des rangers supplémentaires à six kilomètres au nord-ouest de Baluza tandis que 44 autres hélicoptères tentèrent des incursions profondes près de Sharm el-Sheikh et de nouveau à l'est des cols de Mitla et de Giddi. Douze hélicoptères MI-8 furent détruits près de Sharm el-Sheikh par les forces israéliennes alertées. Les attaques égyptiennes contre des cibles au sol se poursuivirent le 8 octobre. Plusieurs sorties furent effectuées qui comprirent comme cibles les bases aériennes de Melize et Thamada et les puits de pétrole à Abu Rudeis ; des frappes supplémentaires furent dirigées contre les batteries de défense HAWK ; et les stations radar de Beluza, Thamada, Um Morgan et Khaseiba firent l'objet d'une attention particulière. Ces frappes furent suivies d'attaques à 09 h le 9 octobre visant à nouveau les aérodromes de Melize et Thamada. Le 14 octobre, l'aviation israélienne réagit avec force à l'offensive égyptienne qui tenta de sortir des défenses aériennes établies. Une colonne de chars égyptiens pénétra de 19 km jusqu'à la route Mitla-Ras Sedr où elle fut bloquée par des parachutistes israéliens. Des avions israéliens attaquèrent et endommagèrent gravement la colonne.

Le 15 octobre, à 17 h, la contre-offensive israélienne débuta avec un barrage d’artillerie le long de la ligne égyptienne. Le 18ème Bataillon israélien fut le premier à essuyer des tirs alors qu'il se dirigeait vers le nord le long de la droite de la route Lexicon en direction de Missouri. Les fantassins égyptiens, qui avaient occupé le carrefour Tirtur-Lexicon, frappèrent 11 chars grâce à leurs redoutables Saggers. Le 18ème continua vers Missouri au lieu d'attaquer le carrefour. Cette responsabilité avait été confiée à une compagnie du 40ème Bataillon Blindé, dont le commandant adjoint, le major Butel, ignorait que les centres administratifs de la 21ème Division Blindée et de la 16ème Division d'Infanterie de la 2ème Armée égyptienne étaient situés dans la Ferme chinoise voisine. Butel et ses hommes chargèrent vers le carrefour et furent bientôt cernés par des centaines de chars, de canons et de missiles et des milliers de soldats. Pour aggraver le problème, les Égyptiens avaient préparé des positions dans les fossés d'irrigation de la ferme. Butel fut blessé, et l'attaque de son bataillon fut vite dissoute.

La 2ème compagnie du 40ème Bataillon Blindé israélien eut beaucoup plus de facilité à dégager la route d'Akavish. Au même moment, l'unité de reconnaissance divisionnaire sécurisa Matzmed et la gare de triage. Les Israéliens envoyèrent immédiatement du matériel de pontage sur la route d'Akavish, mais comme ils ne pouvaient pas utiliser la route Tirtur comme voie secondaire, un embouteillage massif se développa. Il fallut deux heures à la brigade parachutiste de Matt, bloquée à l'arrière de cet encombrement, pour parcourir quatre kilomètres sur la route, et au moment où ils arrivèrent sur la rive du canal, ils étaient désespérément en retard. Pendant ce temps, les 7ème et 18ème Bataillons Blindés continuèrent à avancer vers le nord. Le 18ème se heurta bientôt aux chars égyptiens et fut pris dans une autre escarmouche coûteuse. Vers 22 h, les Égyptiens déployèrent pleinement leurs forces autour de Missouri et lancèrent des offensives locales. Des combats sporadiques réduisirent le 7ème Bataillon à un tiers de sa force initiale. Comme les Égyptiens commencèrent à montrer les premiers signes réels d'une contre-attaque organisée, Reshef ordonna une retraite tactique. Les 7ème et 18ème Bataillons se retirèrent et formèrent une ligne à 800 mètres au nord de la Ferme chinoise. Les attaques de la 14ème Brigade Blindée égyptienne allaient contraindre ces deux bataillons à combattre toute la nuit.

Après que les hommes du major Butel aient été repoussés, le 40ème Bataillon d'Infanterie et la Force Shmulick - une unité mixte de parachutistes avec un appui de blindés - reprirent le combat pour la Ferme chinoise. Encore une fois, la résistance égyptienne fut féroce. Les troupes israéliennes subirent de lourdes pertes sous les tirs nourris des positions défensives minutieusement préparées. Une partie de la force attaquante fut prise au piège et fut submergée par les Égyptiens. Le commandant de bataillon, tous ses chars et un grand nombre de ses hommes furent perdus pendant ces combats acharnés. Au matin du 16 octobre, la brigade de Reshef avait perdu 60 chars et plus de 120 hommes.

À 4 heures du matin, Reshef tenta à nouveau d'attaquer le carrefour Lexicon-Tirtur et la Ferme chinoise, manœuvrant cette fois-ci ses forces pour prendre les Égyptiens à revers. Cette attaque échoua aussi, mais Reshef avait prévu une autre offensive qui devait commencer peu après l'aube. Au lieu de charger de front les fortifications, il ordonna cette fois à ses chars de garder leurs distances mais aussi de continuer à lancer un barrage. En gardant ses blindés en mouvement et en les faisant tirer de loin, Reshef réussit finalement à affaiblir les Égyptiens. Il s'empara du carrefour Tirtur-Lexicon mais ne put prendre la Ferme chinoise. La division de Sharon, avec la brigade de Reshef supportant le poids des combats, avait maintenant perdu environ 300 hommes tués et 70 chars détruits ou mis hors de combat. Reshef laissa un bataillon pour tenir la ligne à l'ouest de la Ferme chinoise et retira sa brigade vers le sud jusqu'aux rives du Grand Lac Amer.

Pendant ce temps, toute la brigade de parachutistes de Matt avait franchi le canal le 16 octobre à 3 heures du matin.

Adan répartit sa division de trois manières : une unité fut envoyée au nord pour dégager la route d'Akavish, une autre fut envoyée à l'ouest vers la Ferme chinoise, et la dernière alla au sud pour arrêter les renforts de la Troisième Armée égyptienne. Les attaques préliminaires contre Akavish échouèrent. Les Saggers déjouèrent encore une fois les attaques de blindés, tandis que les chars égyptiens au nord empêchèrent les forces d'Adan de manœuvrer. Après une dure journée de combat, Adan regroupa sa division et repensa sa stratégie.

Adan décida finalement d'un assaut d'infanterie de nuit, qui devait être effectué par un bataillon parachutiste sous les ordres du colonel Uzzi Yairi. Commençant leur opération à minuit, les hommes de Yairi avancèrent vers l'est depuis le carrefour Lexicon-Tirtur en direction de la Ferme chinoise.

Presque immédiatement, les troupes des deux camps se retrouvèrent engagées dans des combats au corps à corps et les pertes commencèrent à augmenter. Yairi envoya une compagnie pour essayer de prendre de flanc les Égyptiens, mais ces derniers avaient établi une défense en profondeur avec de bonnes lignes intérieures, et repoussèrent les Israéliens, blessant ou tuant tous leurs officiers. Adan ordonna finalement à ses hommes de se retirer - seulement pour apprendre que le feu égyptien intense empêchait les parachutistes de battre en retraite.

Au plus fort des combats, Adan envoya une force de véhicules blindés de transport de troupes sur la route d'Akavish pour évaluer la situation et apprit, à sa grande surprise, que la route était dégagée. Les combats acharnés dans la Ferme chinoise avaient éloigné l'ennemi de la route vitale. Profitant de cette aubaine, Adan commença à déplacer du matériel de pontage sur la route d'Akavish, tandis qu'un bataillon parachutiste prit position à environ 100 mètres des Égyptiens, avec l'ordre de couvrir l'opération de pontage à tout prix. Le feu nourri d'une division égyptienne au nord commença bientôt à infliger des pertes aux parachutistes, mais le bataillon tint bon.

À l'aube du 17, les sections du pont avaient atteint le canal et la construction commença. Les parachutistes de Yairi, qui avaient combattu sans relâche toute la nuit, furent finalement relevés dans la matinée par un bataillon de chars, qui perça les défenses assez longtemps pour que les hommes de Yairi puissent s'échapper. Dix chars furent touchés par des Saggers, tuant 10 hommes et en blessant 15. Les pertes de Yairi furent également lourdes, avec 40 de ses parachutistes morts et environ 80 blessés. Les pertes égyptiennes des deux dernières nuits avaient été également lourdes - ils avaient perdu 160 chars le matin du 17 octobre - mais ils tenaient obstinément la Ferme chinoise.

Adan et Sharon unirent leurs forces pour concentrer trois brigades blindées sur les Égyptiens. La brigade du colonel Natke Nir de la division Adan devait attaquer au nord de l'autre côté de la route d'Akavish tandis que les brigades du colonel Gaby Amir, également de la division Adan, et du colonel Tuvia Raviv, de la division Sharon, avanceraient depuis l'est. Le lieutenant-colonel Amir Jaffe, dont le bataillon tenait la ligne à l'ouest de la Ferme chinoise, était également en position pour effectuer des feintes à l'arrière de l'ennemi. Une imposante colonne de véhicules égyptiens de la 21ème Division Blindée et de la 16ème Division d'Infanterie s'avançait vers eux.

Avec leurs forces déjà épuisées par les combats précédents, l'offensive égyptienne était vouée à l'échec dès le départ. La 16ème Division d'Infanterie subit de lourdes pertes face aux tankistes israéliens aguerris avant de battre en retraite. La 21ème Division Blindée attaqua durement près de Serapeum, tuant 12 Israéliens et en blessant 22, mais l'assaut perdit rapidement son élan et la 21ème fut submergée par les blindés israéliens. Les Égyptiens commencèrent alors un bombardement attendu depuis longtemps du pont israélien depuis Missouri, mais ils avaient raté leur chance de rompre l'emprise israélienne sur la route d'Akavish.

Une reconnaissance aérienne et une observation par Reshef - qui se réorganisait encore sur les rives du Grand Lac Amer - confirmèrent une colonne de 96 chars T-62 venant du sud. Ces chars appartenaient à la 25ème Brigade Blindée, la dernière pince de l'attaque égyptienne. Elle était censée avoir attaqué de concert avec la 16ème Division d'Infanterie et la 21ème Division Blindée, mais avait été retardée.

Les chars de Reshef déclenchèrent l'escarmouche en tirant sur la colonne égyptienne à une distance extrême. Les deux premiers T-62 furent touchés, mais la colonne se dirigea vers le nord, ignorant la force de Keren derrière elle. Lorsque Nir fit connaître sa présence par une forte attaque de flanc, les forces égyptiennes commencèrent à paniquer. Une partie de la colonne tourna à gauche et se dirigea droit dans le champ de mines. La section restante tourna à droite et attaqua les forces de Nir. Après une demi-heure de combat rapproché entre la 25ème Brigade et la brigade de Nir, Keren parvint finalement à piéger les Égyptiens.

Avec l'appui de l'artillerie d'une autre division, les Israéliens dévastèrent la colonne, détruisant complètement 86 des 96 T-62 d'origine, tous les véhicules blindés de transport de troupes et l'intégralité du convoi de ravitaillement de la 25ème Brigade. Quatre T-62 et le commandant de brigade s'échappèrent vers Botzer, une position égyptienne sur la ligne Bar-Lev. Seuls quatre chars israéliens furent perdus pendant l'opération, après s'être engouffrés dans leur propre champ de mines en poursuivant les Égyptiens.

Les Égyptiens ayant joué leur dernière carte, Adan était maintenant libre de traverser le canal. Sa division franchit le pont nouvellement achevé pendant la nuit.

Dans la matinée du 18, les commandants d'artillerie des Deuxième et Troisième Armées égyptiennes, les généraux de brigade Mohamed Halim Abu Ghazala et Munir Shash, coordonnèrent leurs efforts pour tenter de détruire le pont, mais bien qu'ils lui infligèrent plusieurs impacts, ils échouèrent à le mettre hors service.

Le 18 octobre, la brigade de Reshef se réorganisa pour terminer ce qu'elle avait commencé. Attaquant la Ferme chinoise par l'arrière, les Israéliens percèrent finalement les lignes égyptiennes et continuèrent cinq kilomètres de plus vers le nord.

 

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